Typographie

4 bonnes pratiques pour réaliser sa propre typographie

Publié par Solenne Ricard

Concevoir sa propre police de caractères nécessite de suivre un processus de création que l’on peut résumer en quatre principaux points.

Concept, croquis, guide et imagination… voici le nouveau mantra guidant votre créativité.

Dans les lignes qui suivent, retrouvez le détail de ces 4 bonnes pratiques pour réaliser votre propre typographie.

 

1. Mettre en place un concept typographique

Le syndrome de la page blanche n’est pas le seul apanage des écrivains.

Vous avez sans doute vous-même fait la douloureuse expérience d’un blocage créatif alors que vous vous lanciez dans la conception d’une nouvelle police de caractères. La solution à ce phénomène tient en trois mots : conceptualiser sa police.

Le saviez-vous ?
Une fois que le concept de votre typographie aura fait jour dans votre esprit, le processus de création ne manquera pas de suivre. Mais pour réaliser votre concept typographique, il vous faut préalablement réfléchir à vos objectifs ou aux problèmes que vous tentez de résoudre. En résumé, votre concept doit répondre à la question “que voulons-nous dire ?”

Tout ça vous semble très abstrait ? Pas de panique, voici un exemple plus concret : imaginez que vous deviez concevoir une police de caractères néon. Demandez-vous comment vous la conceptualiseriez pour répondre à ses objectifs.

Pour vous y aider, voici trois étapes à suivre :

  • Préparez un moodboard confectionné à partir d’images, de mots ou encore de phrases inspirantes afin de vous aider à visualiser votre concept typographique.
  • À partir de cette source, vous pouvez attaquer vos sketchs (nous y reviendrons plus en détail dans le point suivant).
  • Une fois l’esquisse définie, retravaillez les formes de base de votre police afin de lui donner une structure. Vous pouvez ici utiliser un logiciel PAO pour vous y aider (comme Adobe Illustrator, par exemple).

 

2. Travailler les sketchs de sa typo à main levée

Que vous travailliez vos sketchs sur papier, sur Photoshop ou encore sur un iPad, le plus important est d’explorer vos possibilités dans tous les sens possibles.

Un travail à main levée, à l’aide d’un crayon comme d’un stylet, vous permet d’esquisser vos idées et de tester plusieurs solutions typographiques avant d’arrêter votre choix sur celle qui vous convient le plus. Le but est ici d’expérimenter votre concept sous toutes les formes, sans aucune limite.

Le saviez-vous ?
Souvenez-vous que vos premiers croquis n’ont pas besoin d’être parfaits. Bien au contraire, préférez commencer par des dessins de moindre qualité qui vous aideront à visualiser ce dont vous avez besoin pour pousser votre processus créatif plus loin.

Différentes techniques de dessin s’offrent ici à vous afin d’esquisser votre alphabet. En voici trois exemples, mais ces propositions sont loin d’être exhaustives.

  • La calligraphie vous permet de générer la structure de chacune de vos lettres avant d’être corrigées, détaillées et peaufinées.
  • Vous pouvez également utiliser les masses et les volumes en coloriant et griffonnant vos lettres afin de leur apporter d’abord de l’épaisseur avant d’en définir précisément les contours.
  • Pour une expression plus organique, utilisez les lignes libres. Vous obtiendrez ainsi une police offrant de petites irrégularités beaucoup plus naturelles.

 

3. Utiliser des guides

Une fois le concept de votre police défini et les croquis réalisés, il est temps de concevoir tout votre alphabet, caractère par caractère.

Peut-être le savez-vous déjà, mais de nombreux typographes testent leurs caractères en s’appuyant sur le mot «Hamburgevons». Ce mot permet en effet d’explorer le squelette de toute votre typographie, soit l’ensemble de ses caractéristiques les plus importantes. Ce mot “Hamburgevons” peut donc être assimilé à un guide dans le processus de création de chaque lettre.

Souvenez-vous aussi qu’il existe des caractères semblables qui permettent, par simple rotation ou effet miroir, de réaliser rapidement une grande partie de votre alphabet. De quoi gagner un temps considérable.

Enfin, en vous aidant de simples guides linéaires ou de grilles, vous parviendrez à composer un alphabet aux caractères parfaitement réguliers. Rappelez-vous toutefois ici que la grille n’est qu’un support qui ne doit surtout pas limiter votre imagination.

En définitive, votre conception doit surtout être guidée par des décisions optiques.

 

4. Transgresser les règles

Bien évidemment, connaître et respecter les règles de création est tout à fait nécessaire lorsque l’on créé une police de caractères. Ces règles sont en effet vitales afin d’assurer la lisibilité de votre typographie.

Pour autant, il est parfois bon de les transgresser un peu afin de créer des exceptions, ou dans le but d’améliorer la structure et la lisibilité de vos lettres.

D’autant que briser les codes et les règles est assez jouissif. Il s’agit là de la meilleure façon de vous amuser et de créer de nouvelles choses, voire même une typographie très différente de ce que l’on connaît.

 

Conclusion

Créer sa propre typographie c’est expérimenter chaque fois de nouvelles techniques, de nouveaux outils et de nouveaux guides. Un processus créatif qui ne doit jamais contraindre votre imagination, seule capable de vous orienter vers plus d’originalité et de fraîcheur.

Afin de réaliser vos typographies, n’hésitez pas à consulter les profils des professionnels Graphiste.com.

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