Impression

Impression : Tout savoir sur l’héliogravure

Publié par Jérôme Dajoux

Lorsqu’une entreprise souhaite faire imprimer des supports de communication en grande quantité ou bien des documents contenant de nombreuses pages (catalogue), elle va se rapprocher d’un professionnel de l’impression.

Ce dernier va alors lui proposer le procédé d’impression le plus adapté pour répondre à ses besoins et il devrait s’agir de l’héliogravure.

Seulement voilà, savez-vous ce qu’est l’héliogravure et quelles sont ses principales utilisations de nos jours ? Si ce n’est pas le cas, notre article dédié à ce procédé d’impression devrait vous intéresser.

 

Les origines de l’héliogravure

Également connue sous le nom de « rotogravure », l’héliogravure est un procédé d’impression qui trouve ses origines dans les années 1820 et très précisément dans les travaux de Joseph Nicéphore Niepce, un Français devenu célèbre en inventant la photographie aussi appelée « procédé héliographique ».

schema heliogravure impression print

Il faut dire que Niepce jeta les bases des procédés photomécaniques en découvrant les propriétés de sensibilité à la lumière (héliographie signifie littéralement « dessin par le soleil ») du bitume de Judée.

À compter de la seconde moitié du 19e siècle, plusieurs procédés visant à conserver l’image verront le jour et c’est l’imprimeur autrichien Karl Klic qui sera le premier à proposer un procédé d’héliogravure réellement industriel.

Le procédé ne cessera de s’améliorer et il est aujourd’hui principalement utilisé pour de grands tirages ou pour des reproductions photographiques de très grande qualité.

 

L’héliogravure, comment ça marche ?

Le principe même de l’héliogravure est le transfert d’une image sur une plaque de cuivre grâce à une gélatine photosensible.

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Aussi, pour bien comprendre comment fonctionne ce procédé d’impression en creux, le mieux est très probablement d’y aller étape par étape :

  • La fabrication du cliché. À partir d’une image originale, l’imprimeur fabrique un cliché diapositif à la taille de l’image finale souhaitée.
  • L’insolation du papier gélatiné. Un tirage est effectué sur un papier gélatiné spécial, et ce sous lumière ultra-violette. Sous l’action de cette dernière, la gélatine va durcir proportionnellement à l’exposition reçue.
  • La préparation de la plaque de cuivre. Elle est d’abord dégraissée puis grainée, le grainage visant à protéger la gélatine contre les acides dans les prochaines étapes.
  • Le transfert. Le papier gélatiné est immergé sous l’eau avant d’être mis en contact avec la plaque de cuivre où il va adhérer.
  • Le dépouillement. Dans l’eau chaude, la gélatine non insolée va fondre alors que la gélatine durcie va laisser apparaître le négatif du cliché sur la plaque de cuivre qu’il faudra ensuite sécher avec précaution.
  • L’attaque à l’acide. La plaque est plongée dans le perchlorure de fer, un acide qui va s’attaquer à la gélatine. Notez qu’un changement de bain d’acide (le second est plus dilué) est recommandé.
  • Le nettoyage. La plaque est nettoyée et si le résultat escompté est au rendez-vous, une mince couche d’acier sera déposée par galvanoplastie afin de lui offrir davantage de résistance et donc une plus grande durée de vie (indispensable pour de gros tirages).
  • L’encrage. La plaque de cuivre est encrée au rouleau avec des encres grasses.
  • L’essuyage. L’encre en surface est essuyée.
  • Le tirage. C’est la pression de la plaque sur le support à imprimer qui permet l’impression. Les encres sont très liquides afin de rentrer dans les creux de la plaque. Rappelons effectivement que la profondeur des creux influence la quantité d’encre et donc l’intensité de la couleur finalement imprimée. Plusieurs jours de séchage entre des buvards peuvent être nécessaires.

Naturellement, c’est ici l’héliographie artisanale qui vous a été présentée puisque le procédé photochimique est aujourd’hui remplacé par une technologie moderne.

 

Quelles utilisations pour l’héliogravure de nos jours ?

Offrant désormais un séchage instantané et surtout une excellente qualité de reproduction, l’héliogravure est très appréciée des professionnels lorsqu’il est question de réaliser des tirages importants (plus de 500 000 exemplaires) ou des documents ayant un grand nombre de pages.

Il faut dire que le coût des cylindres en cuivre est très onéreux et que l’héliogravure n’est donc pas adaptée à de petits tirages… sauf dans le monde du luxe où le prix n’est pas un critère.

Aussi, de nos jours, l’héliogravure sert principalement à imprimer :

  • Les catalogues des enseignes commerciales
  • Des brochures touristiques
  • Des emballages (carton, polymère plastique, papier, etc.)
  • Des magazines de presse à fort tirage
  • Des timbres
L’industrie du luxe et le secteur de l’art y ont également recours mais s’intéressent davantage au savoir-faire artisanal.

 

Vous voilà désormais incollable sur l’héliogravure ou tout du moins capable d’échanger avec un imprimeur sur ce procédé d’impression.

À vous maintenant de voir s’il est le plus adapté à vos besoins. Mais si vous avez un quelconque doute, votre imprimeur devrait savoir vous orienter vers la bonne décision.

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